Tech.Rocks

Publié le 6 décembre 2023

Spécial Tech.Rocks Summit 2023 - Emmanuelle Aboaf (SHODO) et Jean-Laurent de Morlhon (Docker) - #S05EP37

J-1 Tech.Rocks Summit 🚀 đŸŽ€ Retrouvez dans ce nouveau podcast dĂ©diĂ© Ă  nos speakers, Emmanuelle ABOAF, DĂ©veloppeuse Angular .NET chez SHODO, au micro de Jean-Laurent DE MORLHON, Vice President Of Software Engineering chez Docker. Sourde de naissance, bionique (deux implants cochlĂ©aires) et surtout dĂ©veloppeuse Fullstack Angular .NET passionnĂ©e de technologies, Emmanuelle lutte chaque jour pour l’accessibilitĂ©. Dans ce podcast, Emmanuelle nous parle du handicap en entreprise et nous rappelle les bonnes pratiques. Pour une Tech accessible Ă  toutes et tous, rendez vos applications internes et vos sites publiques accessibles : Formez vous Ă  l'accessibilitĂ© et formez les personnes handicapĂ©es Ă  la Tech. Un podcast riche en enseignement Ă  Ă©couter sans plus attendre. Ce podcast est disponible en version Ă©crite. Transcription Ă©crite du podcast : Jean-Laurent de Morlhon Bonjour Ă  tous, je suis ravi de vous voir aujourd'hui pour vous parler d'une mini-sĂ©rie qu'on est en train de faire sur les speakers de Tech Rocks Summit 2023 et j'ai la chance aujourd'hui de pouvoir Ă©changer avec Emmanuelle Aboaf et nous allons pouvoir Ă©changer sur son talk qu'elle va pouvoir faire au Tech Rocks Summit qui a lieu du 7 et 8 dĂ©cembre 2023. Je suis Jean-Laurent Demorlon, je suis le VP Engineering de Docker et j'ai la chance de pouvoir piloter les Ă©quipes d'engineering de Docker depuis quelques annĂ©es maintenant. Mais aujourd'hui, ce n'est pas de moi qu'on parle, c'est d'Emmanuelle. Emmanuelle, est-ce que tu peux te prĂ©senter ? Emmanuelle Aboaf Merci Jean-Laurent, merci beaucoup de m'avoir invitĂ©e. Je m'appelle Emmanuelle Aboaf et je suis dĂ©veloppeuse depuis une dizaine d'annĂ©es. Depuis peu, j'ai intĂ©grĂ© la sociĂ©tĂ© qui s'appelle Shodo, qui est une ESN, trĂšs militante sur les questions d'inclusion dans la tech, dans la diversitĂ©, la justice sociale, parce que c'est vraiment important d'aborder ces sujets-lĂ  dans le milieu de la tech. Et je suis Ă©galement sourde de naissance, avec deux implants cochlĂ©aires. Et en fait, les deux implants cochlĂ©aires que j'ai, ce sont des appareils auditifs un peu plus dĂ©veloppĂ©s. Ça fait que je me sens un peu... Enfin, je me considĂšre un peu bionique grĂące Ă  mes implants cochlĂ©aires. VoilĂ  la petite touche d'humour lĂ -dessus. Jean-Laurent de Morlhon Bon super, alors non seulement j'interviewe Emmanuelle, mais Emmanuelle bionique, super, bon parfait. Emmanuelle, aujourd'hui, qu'est-ce qui fait qu'on discute aujourd'hui pour ce podcast ? Alors certes, tu vas nous faire une intervention au Tech.Rocks Summit dans quelques jours, mais ce n'est pas par hasard qu'on t'a invitĂ© aujourd'hui et qu'on t'a aussi invitĂ© Ă  parler au Summit. Au Summit, je pense qu'il y a une vingtaine de speakers, donc il n'y a pas tant de monde que ça. Donc j'ai envie de dire, quel est ton parcours qui nous a permis d'aujourd'hui de discuter tous les deux ? Emmanuelle Aboaf Merci. Écoute, ça fait depuis peu que je suis oratrice. C'est vrai que j'ai commencĂ© Ă  me faire connaĂźtre seulement depuis l'annĂ©e derniĂšre. Et j'ai eu envie de prendre la parole pour parler d’inclusion dans la tech, notamment sur le sujet du handicap, parce que c'est vrai que c'est un sujet oĂč on n'en parle pas suffisamment. Et en fonction de mon expĂ©rience, parce que ça fait quand mĂȘme une dizaine d'annĂ©es que je suis dans la tech, et j'ai pu voir tout ce qui s'est passĂ© Ă  travers mon expĂ©rience professionnelle et Ă  travers l'expĂ©rience de d'autres personnes, j'ai envie d'aborder le sujet, aussi bien sur le handicap, sur l'accessibilitĂ© numĂ©rique et l'intelligence artificielle au service du handicap. C'est vraiment des sujets qui me tiennent Ă  cƓur et qui sont vraiment d'actualitĂ©. Et vraiment, je milite pour qu'il y ait une meilleure inclusion des personnes handicapĂ©es au sein de la tech, et non pas seulement dans la tech, il y a aussi d'autres secteurs d'activitĂ©. Il faut penser que ça ne se limite pas forcĂ©ment Ă  la tech. Et je pense que c'est pour ça qu'on est venus me chercher. Merci beaucoup Ă  NoĂ©mie, notamment, de m'avoir invitĂ©e Ă  donner ce sujet au sein de Tech.Rocks Summit, qui, vraiment, je ne m'y attendais pas du tout. Et c'est vraiment un honneur pour moi de parler de tous ces sujets-lĂ  avec vous. Jean-Laurent de Morlhon Alors, tu as commencĂ© Ă  en parler un petit peu, tu vis toi-mĂȘme une situation de handicap de ton cĂŽtĂ© et quelque part tu prĂ©sentes quand mĂȘme aujourd'hui qu'il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas en situation de handicap et qui finalement ne font pas de speak ou n'ont pas la possibilitĂ© ou n'ont pas pris le choix d'ĂȘtre un speaker aujourd'hui. Donc dĂ©jĂ , moi je suis bluffĂ©, j'ai une de mes enfants qui est en situation de handicap et moi je l'avais fait lors des rĂ©pĂ©titions pour les auditeurs, j'avais fait venir mon enfant Ă©couter Emmanuelle pour lui montrer : "regarde, ce n'est pas parce que tu es en situation de handicap que tu ne peux pas faire des choses comme les valides" et elle avait Ă©tĂ© super motivĂ©e. Donc dĂ©jĂ , merci pour ça. Mais de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, j'ai envie de dire, les gens ne savent pas trop ce que c'est que la situation de handicap, en gĂ©nĂ©ral ils pensent soit au petit logo bleu qu'on met sur les voitures ou des personnes qui se dĂ©placent en fauteuil roulant. Est-ce que tu peux nous parler un peu plus de tout ce que, pour les gens qui ne comprennent pas vraiment ce que c'est que le handicap et comment gĂ©rer ça, est-ce que, voilĂ , comment tu peux nous expliquer ça Ă  ta maniĂšre ? Emmanuelle Aboaf Bien sĂ»r, avec plaisir. Il faut savoir que selon les chiffres officiels, une personne sur six est handicapĂ©e. En France, il reprĂ©sente 12 millions de personnes handicapĂ©es, ce qui est Ă©norme. C'est vraiment une bonne partie de la population française qui est handicapĂ©e. Et il faut savoir que le handicap, ça ne concerne pas que le fauteuil roulant. On estime que 80 % des handicaps sont invisibles, ce qui est Ă©norme. Donc, oui, quand on voit le handicap, on voit souvent des handicaps qui se voient, comme le fauteuil roulant ou les personnes avec une canne ou d'autres outils qui permettent de se dĂ©placer au quotidien. Mais le handicap invisible, on le sous-estime vraiment parce qu'il y a plusieurs handicaps. Par exemple, la surditĂ©. Avant de me connaĂźtre, que je parle, vous me voyez comme une personne normale. Vous ne savez pas que je suis sourde. J'ai certes un accent. Pourtant, je ne viens pas d'un pays Ă©tranger, donc souvent, on me demande si je suis anglaise. Et je leur dis que non, c'est un accent venant de ma surditĂ© parce que j'ai dĂ» apprendre Ă  parler depuis mon enfance. Et donc lĂ , ils apprennent ça, les gens sont stupĂ©faits. ah tu es sourde ? Et oui, la surditĂ©, ça fait partie de la famille du handicap. Il y a aussi des personnes qui ont... Par exemple, une personne autiste. L'autisme est aussi un handicap. Et lĂ  aussi, c'est difficile de voir, d'un Ɠil, de dĂ©tecter que la personne est autiste. VoilĂ , ça fait partie des handicaps invisibles. Et vraiment, on sous-estime et on voit les gens qui ont une carte de mobilitĂ© inclusion et qui marchent sur leurs deux jambes. Ils disent "mais non, tu n'es pas handicapĂ©". Alors qu’on peut avoir des maladies invalidantes, des handicaps moteurs, comme les personnes qui ont des tremblements ou les maladies de Parkinson qui empĂȘchent de se dĂ©placer correctement et qui ne peuvent pas rester debout longtemps. Ils ont besoin de s'asseoir. Donc voilĂ , ce n'est pas facile. On marche sur deux jambes, on a deux bras, on va bien. À l'extĂ©rieur, on va bien mais c'est plus difficile Ă  l'intĂ©rieur. C'est ça, les handicaps invisibles. Jean-Laurent de Morlhon Oui, moi j'avoue que j'avais Ă©tĂ© assez marquĂ© donc mon enfant Ă©tait Ă  l'Ă©cole et il y avait beaucoup de parents qui se demandaient quel type de handicap elles avaient et en fait on se rendait compte qu'il y avait beaucoup de gens qui ne savaient pas du tout ce que c'Ă©tait parce qu'ils n'ont juste pas Ă©tĂ© confrontĂ©s donc voilĂ  c'est pas complĂštement leur faute, c'est une question, moi j'avoue que j'y connaissais rien jusqu'Ă  y ĂȘtre confrontĂ© moi-mĂȘme donc et en fait on s'est rendu compte que quand on discutait avec les parents ou les profs, personne ne comprenait trĂšs bien ce que c'Ă©tait et on a pris le parti chaque annĂ©e dans les Ă©coles, il y a une rĂ©union de prĂ©-rentrĂ©e lĂ  ou de post-rentrĂ©e lĂ  oĂč les profs expliquent un peu ce qui va se passer pour vos enfants et en fait chaque annĂ©e, soit ma femme soit moi-mĂȘme, on allait intervenir dans l'Ă©cole et on expliquait ce qu'Ă©tait le handicap de notre enfant et notamment on finissait toujours par « ce n'est pas transmissible, vous n'allez pas l'attraper » et en fait quand je me suis rendu compte qu'on disait cette phrase-lĂ  et que les gens disaient « ah ça va alors » et bien on se rend compte un peu du gap qu'il y a dans la comprĂ©hension de ce que c'est que le handicap. Donc avec ce sujet lĂ , j'avais envie de te poser des questions, toi qui travaille en entreprise et qui a travaillĂ© dans plusieurs entreprises, qu'est-ce que tu peux dire sur l'inclusion de personnes en situation de handicap ? Peut-ĂȘtre donner un peu de conseils Ă  ceux qui sont dans cette situation-lĂ  pour qu'ils puissent s'engager Ă  le faire. Emmanuelle Aboaf Oui, tout Ă  fait, c'est vrai que le handicap, c'est un sujet qui est malheureusement trĂšs mĂ©connu, les gens ne sont pas suffisamment sensibilisĂ©s sur le sujet et sont trĂšs ignorants parce que pour eux le handicap c'est une connotation nĂ©gative et c'est pourquoi j'ai donnĂ© ma confĂ©rence "au secours, j'ai une personne handicapĂ©e dans mon Ă©quipe" et en fait cette phrase lĂ  c'est quelque chose qui se dit intĂ©rieurement, enfin je dis tout haut ce que les gens disent tout bas, ils apprennent qu'il y a une personne handicapĂ©e qui arrive dans leur Ă©quipe et ils paniquent, ils se disent "ah non cette personne lĂ  elle va tout bousiller, il y aura des problĂšmes de communication, il faut mettre en place des amĂ©nagements, olala ça va ĂȘtre compliquĂ©" et en fait non, c'est pour ça qu'Ă  travers ma confĂ©rence je voudrais dĂ©construire le fait qu'avoir une personne handicapĂ©e dans son Ă©quipe ça ne doit pas ĂȘtre un problĂšme si on met en place des amĂ©nagements de poste et ça je l'ai vu de ces derniĂšres annĂ©es, quand je suis arrivĂ©e sur le marchĂ© du travail je ne connaissais rien Ă  mes droits ni ce qu'il fallait faire et en fait tout ce que j'avais c'Ă©tait un papier RQTH. Pour ceux qui ne savent pas, c'est "reconnaissance de travailleur handicapĂ©" qui me permettait d'avoir des amĂ©nagements de poste et donc d'ĂȘtre un travailleur handicapĂ© pour bĂ©nĂ©ficier de ces amĂ©nagements de poste. Malheureusement quand j’ai Ă©tĂ© embauchĂ©e dans ma premiĂšre entreprise on m'a embauchĂ©e pour le quota. Pour ceux qui ne savent pas, le quota, c'est encourager les entreprises Ă  embaucher 6% de leur effectif de personnes handicapĂ©es et donc c'est Ă  double tranchant ca encourage les entreprises Ă  embaucher des personnes handicapĂ©es mais en ne maĂźtrisant pas ce sujet lĂ  elles pensent que les personnes handicapĂ©es n'ont pas de compĂ©tences et donc elles vont les mettre au placard ou alors elles vont prĂ©fĂ©rer payer une contribution financiĂšre pour ne pas embaucher les personnes handicapĂ©es. Heureusement ces situations lĂ  Ă©voluent petit Ă  petit grĂące aux campagnes de communication qui se font autour de la SEEPH par exemple - la semaine europĂ©enne pour l'emploi des personnes handicapĂ©es - qui a lieu chaque annĂ©e mais le handicap il faut en parler toute l'annĂ©e et non pas seulement cette semaine lĂ  et donc le quota c'est important mais c'est important aussi de faire intĂ©grer des employĂ©s handicapĂ©s au sein de l'entreprise pour qu'ils puissent faire son travail avec tout le monde, mettre en place des amĂ©nagements de poste. Pour vous donner un exemple, aprĂšs ma premiĂšre entreprise j'Ă©tais embauchĂ©e dans une SSII Ă  l'Ă©poque qui aujourd'hui s'appelle un ESN et j'ai mis longtemps Ă  avoir mes amĂ©nagements de poste parce que j’ai demandĂ©e Ă  avoir une codeuse LPC qui est l'Ă©quivalent d'une interprĂšte en langue des signes. La LPC est un moyen de communication pour les personnes sourdes et malentendantes, c'est la langue parlĂ©e complĂ©tĂ©e. J’'avais demandĂ© Ă  avoir une codeuse LPC pour suivre des rĂ©unions parce que c'Ă©tait difficile pour moi de suivre des rĂ©unions quand on est plusieurs, tout le monde parle en mĂȘme temps, tout le monde parle vite et on me disait : "mais non tu n'en as pas besoin, tu parles trĂšs bien, tu entends bien, tu nous fais rĂ©pĂ©ter quand tu as besoin". Et moi ça me mettait mĂȘme trĂšs mal Ă  l'aise parce que je n'arrĂȘtais pas d'interrompre mes collĂšgues pour qu'ils puissent rĂ©pĂ©ter et ça me donnait une charge mentale et Ă  la fin des rĂ©unions j'Ă©tais fatiguĂ©e au bout de deux heures de lire sur les lĂšvres, j'essayais de suivre et tout ça. Jusqu'au jour oĂč il y a eu un sĂ©minaire de deux jours et j'Ă©tais obligĂ©e de venir et j'ai dit "faites-moi venir quelqu'un parce que deux heures, ça va mais deux jours je ne pourrais pas" alors ils m'ont dit "oui ok on va te faire venir quelqu'un" et lĂ  ça fait toute la diffĂ©rence, ils m'ont dit "mais Emmanuelle, qui es-tu, je ne te reconnais pas, tu participes, tu poses tes questions ?" et la personne qui Ă©tait venue me traduire les Ă©changes, elle a profitĂ© pour faire la sensibilisation, elle a dit "bah oui, elle participe davantage parce que je suis lĂ  pour l'aider Ă  transmettre toutes les informations qu'elle a besoin, vous voyez, elle n'a plus besoin de faire rĂ©pĂ©ter qui ce soit, elle a tout compris et donc elle pose des questions pertinentes". ForcĂ©ment avec l'accessibilitĂ©, ça change tout et par la suite, ils ont compris et Ă  chaque fois que j'ai demandĂ©, j'avais une codeuse Ă  chaque fois que j'en ai besoin et depuis ce jour-lĂ  j'ai compris qu'il y avait besoin de faire un atelier de sensibilisation pour sensibiliser mes collĂšgues sur mes besoins mais aussi leur faire comprendre qu'on peut travailler ensemble tout en mettant en place un certain nombre de rĂšgles. C'est ce que j'avais fait en entrant dans ma troisiĂšme entreprise et voilĂ , j'ai un service de transcription en temps rĂ©el ou une codeuse pour suivre les rĂ©unions et si je n’ai pas ces aides-lĂ , on va faire en sorte de mettre en place ces rĂšgles-lĂ  pour que chacun parle Ă  son tour, ne parle pas trop vite et si on veut interrompre quelqu'un, on fait des gestes, des signes pour dire stop, s'il y a un souci, ce genre de choses-lĂ  et mes collĂšgues me disent : "grĂące Ă  ces rĂšgles-lĂ , tu fluidifies les Ă©changes et ça m'aide" mais ça les aide aussi et au final les amĂ©nagements de poste ça me profite mais ça profite aussi aux autres collĂšgues donc c'est pour ça qu'Ă  travers cette confĂ©rence que je donne, j'explique que c'est vraiment important de travailler en Ă©quipe, de mettre en place les besoins de chacun en fonction de son handicap parce que les besoins sont diffĂ©rents, ils ne sont pas les mĂȘmes et j'ajouterais que les amĂ©nagements de poste en gĂ©nĂ©ral sont pris en charge par l'AGEFIPH pour les entreprises privĂ©es et la FIPHFP pour les entreprises publiques donc tout est vraiment pris en charge. Jean-Laurent de Morlhon Moi j'adore ce que tu viens de dire parce que dĂ©jĂ  moi quand on met deux heures en rĂ©union j'ai envie de m'Ă©chapper au bout de 45 minutes parce que parce effectivement ça fait beaucoup d'informations et que c'est vrai que ça a une charge mentale qui est quand mĂȘme assez importante. D'ailleurs moi par dĂ©faut mon systĂšme de meeting, d'agenda il met 25 minutes pour tout le monde. Je fais ça parce que je trouve que c'est une maniĂšre aussi d'ĂȘtre un tout petit peu plus efficace, on va un peu plus dans le truc. Tu as aussi Ă©voquĂ© le fait qu'il y avait des signes pour interrompre. Alors dans un monde remote par exemple aujourd'hui, je pense qu'absolument tout le monde fait ça. En tout cas, pour avoir des rĂ©unions fluides avec des systĂšmes de type Zoom ou Google Meet ou autre, on a les espĂšces de petites mains qu'on met sur nos logiciels pour dire, moi j'aimerais aussi avoir la parole Ă  un moment donnĂ© s'il vous plaĂźt. En fonction de la discipline des diffĂ©rentes entreprises, ça se suit plus ou moins. Moi je sais qu'Ă  Docker par exemple quand je pose une question, enfin quand je dis une bĂȘtise, je vois immĂ©diatement une dizaine de mains qui se lĂšvent dans le meeting et je vois bien qu'il faut que je m'arrĂȘte de parler, que je passe la main. Donc ça aussi c'est des choses qui sont assez utiles. Mais avant ça moi dans ma vie oĂč je vivais dans des entreprises en me dĂ©plaçant dans les locaux, pour certaines rĂ©unions oĂč on a envie de mettre en avant le respect de chacun de parler au bon moment, on avait une espĂšce de bĂąton de parole lĂ , donc c'est un espĂšce d'objet, ça peut ĂȘtre n'importe quoi, un feutre ou n'importe quoi, qu'on se passe. Et c'est celui qui l'a et qui a le droit de parler et les autres doivent se taire. Donc tous les exemples que tu as donnĂ©s, moi c'est des exemples que j'ai dĂ©jĂ  vus en entreprise qui ont Ă©tĂ© appliquĂ©s pour tout un chacun. Et je trouve ça super que tu donnes ces exemples-lĂ  en disant, en fait moi j'en ai besoin, mais oui effectivement. En tout cas tous ces exemples-lĂ , ils sont bons pour le groupe aussi. Emmanuelle Aboaf Le baton de paroles, c'est le parfait exemple qu'on a mis en place, que ce soit en prĂ©sentiel ou en distanciel ça marche vraiment trĂšs bien et vraiment ça permet de fluidifier les Ă©changes et mes collĂšgues me disaient qu’ils n’y avaient jamais pensĂ© avant et maintenant, quand ils ne sont pas avec moi, ils n'hĂ©sitent pas Ă  rĂ©utiliser ces rĂšgles-lĂ , les bĂątons de paroles parce qu'ils trouvent justement que ça rend les Ă©changes de meilleure qualitĂ© et je trouve ça super de faire participer tout le monde et de faire en sorte que tout le monde puisse Ă©changer de maniĂšre plus fluide et j'ajouterais que c’est pas parce que on est handicapĂ©, qu'on n'est pas comme les autres enfin je veux dire par lĂ , on a des compĂ©tences comme tout le monde et on a aussi le droit Ă  la parole et on a aussi le droit de dire des choses qui peuvent ĂȘtre importantes pour le projet, c'est vraiment le fait, je te disais par exemple, je ne participais pas beaucoup parce que, sans le temps d'assimiler toutes les informations, de comprendre et tout ça, c'Ă©tait difficile pour moi de suivre et maintenant, on m’a rĂ©dĂ©couvert grĂące avec l'aide, que je puisse participer et me dire, « ah oui, tu dis des choses pertinentes ». Tout le monde a une voix, mĂȘme les personnes handicapĂ©es ont une voix, ont des choses Ă  dire. Jean-Laurent de Morlhon Le handicap, je le vois comme Ă©tant juste une facette d'une personne. Par exemple, Ă  Docker, on parle tous en anglais tout le temps. Il y a beaucoup de français, il y a 50% de l'engineering qui est europĂ©en. J'ai des accents anglais, irlandais. En Angleterre, il y a un nombre d'accents absolument fabuleux. LĂ , plus vous montez vers le nord, moins je comprends. Vous avez des accents soit du sud de l'Europe, espagnol ou portugais, ou mĂȘme des tournures de phrases un peu italiennes ou de l'Europe de l'Est. Sans parler vraiment de tous les Etats-Unis. Bref, lĂ  oĂč je veux en venir, c'est que finalement, dans la communication de chacun, notamment quand on doit tous s'adapter Ă  une langue qui n'est pas notre langue native, avec laquelle on a appris, on a tous une forme de handicap entre guillemets, autour de l'utilisation des mots, les tournures de phrases, on a tous un niveau plus ou moins fort lĂ -dedans. Ça se ressent fortement dans les Ă©changes. Quand quelqu'un a un peu de mal Ă  converser parce qu'il utilise l'anglais, mais pour lui, c'est un peu plus difficile, il est un peu moins fluide, on s'en sort quand mĂȘme. Ce n'est pas parce que la personne a moins travaillĂ© son anglais que d'autres, ou a moins d'expĂ©rience, que la valeur qu'il apporte Ă  l'Ă©quipe n'est pas moins importante. Je fais un parallĂšle un peu distant, parce qu'effectivement, l'apprentissage d'une langue, ça n'a rien Ă  voir avec le handicap. Mais quand on essaie tous de se mettre Ă  un niveau qui est Ă©quivalent, je trouvais que ça avait une certaine forme de parallĂšle autour en tout cas du respect, de la bienveillance autour des autres, parce qu'on peut comprendre que chacun a Ă  apporter quelque chose si on se met au niveau de celui Ă  qui on a envie d'Ă©changer pour en rĂ©cupĂ©rer ce dont on a besoin. En tout cas, l’information. Emmanuelle Aboaf Oui, parce que ça c'est vraiment important de travailler en Ă©quipe, quelque soit son besoin, qu’on soit valide ou handicapĂ©, j'ai des amis qui m'ont racontĂ© des anecdotes vraiment hallucinantes, une amie m'avait dit, j'ai eu droit Ă  une remarque, tu dis mais c'est normal, tu travailles moins vite, t'es handicapĂ©, ce genre de rĂ©flexion qui est malheureusement validiste. Il faut le dire parce que le validisme c'est vraiment une forme de discrimination vis-Ă -vis du handicap, tu penses que les personnes handicapĂ©es ont moins de compĂ©tences que les personnes valides, alors qu'on a fait des formations pour suivre, on a fait des Ă©tudes pour apprendre des mĂ©tiers comme tout le monde, le seul souci il y a, c'est Ă  cause des prĂ©jugĂ©s, des mĂ©connaissances autour du handicap, les gens croient c'est parce qu'on est handicapĂ©, du coup on va moins vite, on est moins efficace, on est moins productif, il faut donner moins de travail, on est tout le temps fatiguĂ©. La partie fatigue ça peut se comprendre pour certaines personnes, mais il ne faut pas nous infantiliser, il ne faut pas nous mĂ©nager parce qu'on a un handicap, au contraire, on est lĂ , on travaille, on est ravis de cela. On est embauchĂ© pour nos compĂ©tences, et d'ailleurs Ă  ce sujet, j'ai une amie qui m'a racontĂ©, elle est allĂ©e en entretien d'embauche, et Ă  la fin le recruteur lui a dit : "c'est bien, vous ĂȘtes handicapĂ©e, vous ĂȘtes une femme et vous ĂȘtes racisĂ©e". Donc, l'embaucher pour ses trois critĂšres, je trouve ça hallucinant, et Thanh Lan, elle lui a dit : "mais non, je suis lĂ  pour mes compĂ©tences, le reste c'est tout bĂ©nĂ©f". C'est du bonus, c'est ça. Malheureusement il y a ces formes de discrimination dans tous les secteurs, le sexisme, le racisme, le validisme, quand on ne rentre pas dans les critĂšres de la sociĂ©tĂ©, il y a une forme de biais, que ce soit conscient ou inconscient, de la part des gens, qui disent, bah oui, les personnes, elles ne sont pas comme moi, donc je vais les considĂ©rer moins que moi. Alors, ça ne devrait pas. Jean-Laurent de Morlhon Oui, on remplit d'autres formes de quotas en faisant ça, c'est horrible. Il y a aussi une histoire de niveau, moi qui ai embauchĂ© des centaines et des centaines d'ingĂ©nieurs aujourd'hui dans ma carriĂšre, le niveau des gens ou en tout cas l'expertise des gens, elle se dĂ©couvre au fur et Ă  mesure que la personne travaille avec nous. Je ne sais pas, deux personnes qui sortent de la mĂȘme Ă©cole, avec des expĂ©riences on va dire similaires, vont avoir des niveaux complĂštement diffĂ©rents. Et ça, c'est quelque chose avec lequel on vit en permanence, c'est-Ă -dire la diffĂ©rence de niveau ou d'appĂ©tence pour certains sujets, c'est des choses qu'on apprend quand on travaille avec les gens. Moi, je sais qu'Ă  Docker, on essaie d'avoir des gens qui restent un long moment Ă  travailler avec nous, parce qu'on veut arriver Ă  faire en sorte que chacun grandisse dans l'entreprise, mais aussi que chacun puisse exprimer ce qu'il ne connaĂźt pas, Ă  l'apprendre et ensuite avancer vers autre chose. Donc, cette diffĂ©rence de niveau, je pense qu'elle est Ă  peu prĂšs dans tout. Je sais que par exemple, dans l'Ă©chelle, on a une ladder, on a ladder parce que c'est des termes anglais, mais on a une Ă©chelle qui permet de dire aux ingĂ©nieurs s'ils sont niveau 1, niveau 2, niveau 3, jusqu'au niveau 8, et Ă  chaque niveau d'expertise, on a une forme de compĂ©tence qui est censĂ©e ĂȘtre exprimĂ©e. Bien sĂ»r, tout ça a une part de subjectif, mais c'est pour dire qu'effectivement, quand on embauche quelqu'un, mĂȘme Ă  un niveau particulier, on se dit, ce sera sĂ»rement un staff engineer, quelqu'un qui est niveau 4, parce qu'il correspond bien aux critĂšres de ça. Donc, il travaille en Ă©quipe, il a dĂ©jĂ  gĂ©rĂ© des projets par lui-mĂȘme, etc. MĂȘme dans une Ă©chelle comme ça, qu'on essaie de cadrer les gens, on se rend compte qu'il y a une diffĂ©rence de niveau qui est fantastique. Et notre idĂ©e Ă  nous tous, c'est bien sĂ»r de prendre ces gens-lĂ  et de les amener au niveau du dessus, parce qu'effectivement, ça bĂ©nĂ©ficie Ă  l'entreprise de l'autre cĂŽtĂ©. Donc, c'est quelque chose, encore une fois, que je mets en parallĂšle avec la vie des valides. VoilĂ . Emmanuelle Aboaf Bah justement, je voudrais complĂ©ter parce que justement, c'est bien de vous amener Ă  aider les gens Ă  Ă©voluer dans leur poste, mais ça, l'Ă©volution de la carriĂšre est problĂ©matique chez les personnes handicapĂ©es, parce que pour avoir des formations, pour pouvoir Ă©voluer, il faut suivre des formations, et pour ça, il faut que les formations soient accessibles, donc il y a des budgets pour les formations, mais aussi des budgets pour l'accessibilitĂ©, et il y a des personnes qui se retrouvent coincĂ©es, parce que justement, ils ne peuvent pas Ă©voluer, il n'y a pas d'amĂ©nagement par rapport Ă  ces formations, par rapport Ă  ces Ă©volutions, et du coup, ils voient leurs collĂšgues Ă©voluer, tandis que eux, ils sont restĂ©s au point mort, ils n'Ă©voluent pas, et petit Ă  petit, ils sont mis au placard, parce que justement, ils n'Ă©voluent pas, et ça, je trouve ça hallucinant, c'est pas parce qu'on a un handicap, qu’on ne peut pas Ă©voluer, et il faut mettre en place tout un tas de formations qui soient accessibles pour leur permettre d'Ă©voluer, d'apprendre, d'ĂȘtre au mĂȘme niveau que tout le monde. Jean-Laurent de Morlhon Oui, mais ça c'est valide pour l'ensemble des gens, d'accord, voilĂ , et quelque part je pense que si on veut faire un parallĂšle avec ton intervention au Tech Rocks Summit, justement oĂč tu vas nous parler d'intelligence artificielle et de handicap, moi j'avais Ă©tĂ© assez bluffĂ© parce que tu nous as parlĂ© d'un certain, enfin je veux dire, la formation c'est une chose, mais quelque part les outils qui se profilent Ă  l'horizon lĂ , auxquels on va tous avoir accĂšs ou ont pour partie dĂ©jĂ  accĂšs, c'est assez extraordinaire, moi je suis reparti de lĂ  en Ă©tant assez bluffĂ© par les choses que tu nous avais un peu montrĂ©es, qu'est-ce que tu pourrais dire aux auditeurs lĂ  pour leur donner envie de venir te voir, nous raconter ton sujet autour de l'intelligence artificielle et le handicap ? Emmanuelle Aboaf Il faut savoir que c'est une idĂ©e qui me nourrissait depuis quelques temps, parce que moi, j'utilise au quotidien des outils automatiques pour mes rĂ©unions, elles ne sont pas parfaites, certes, mais ça mĂšne, par exemple, lĂ , on est en train de faire le podcast, je lis sur les lĂšvres, mais aussi, j'utilise des outils de sous-titrage en direct avec Windows 11 pour pouvoir suivre, parce que lire sur les lĂšvres, ça me demande de l'Ă©nergie, je peux rater certaines informations, donc le sous-titrage automatique m'aide Ă  suivre, et donc, ça me permet de complĂ©ter, voilĂ , mais il y a encore des progrĂšs Ă  faire, c'est sĂ»r, et c'est vrai, Ă  partir de lĂ , ça m'a dit, mais l'intelligence artificielle, c'est gĂ©nial, ça va aider beaucoup de personnes, notamment les personnes handicapĂ©es, et donc, j'ai, avec ma binĂŽme, Thanh Lan, je lui ai dit : j'aimerais bien crĂ©er un sujet autour de l'intelligence artificielle et handicap, toi, tu es dĂ©veloppeuse sourde, spĂ©cialisĂ©e en intelligence artificielle, tu pourrais m'aider Ă  crĂ©er ce truc-lĂ , et c'est parti de lĂ , et tout l'Ă©tĂ©, on a crĂ©Ă© cette confĂ©rence pour pouvoir, justement, sensibiliser les personnes autour du handicap et l'intelligence artificielle. Il y a des choses qui sont gĂ©niales Ă  utiliser, mais attention, il y a aussi des biais, malheureusement, autour de l'intelligence artificielle. Nous le savons, l'IA est le reflet de la sociĂ©tĂ©, l'IA est crĂ©Ă© par des gens qui crĂ©ent des algorithmes, qui entraĂźnent l'IA avec les donnĂ©es qu'ils ont, et Ă  mon avis, il y a une mĂ©connaissance autour du handicap, sur le sujet, et les biais sont ressentis dans l'IA. Pour donner un exemple, je ne vais pas spoiler ma confĂ©rence, bien Ă©videmment. Sur un moteur de recherche, je lui demande de me chercher une image de personnes handicapĂ©es, et le moteur de recherche va me sortir que des images de personnes en fauteuil roulant. Or, comme je l'ai dit, 80% des handicaps sont invisibles, il n'y a pas que des fauteuils roulants. Et cette recherche lĂ , elle s'est rĂ©pertoriĂ©e sur l'intelligence artificielle qui, quand je lui ai posĂ© la question, a mis une journĂ©e, par exemple, gĂ©nĂšre moi des personnes handicapĂ©es, ça m'a gĂ©nĂ©rĂ© des personnes en fauteuil roulant. Donc, c'est intĂ©ressant d'aborder ces aspects-lĂ , l'impact des outils automatiques dans la vie des personnes handicapĂ©es, mais aussi les biais qui peuvent se rĂ©vĂ©ler parfois dangereux. Jean-Laurent de Morlhon Et tout ça, ça s'applique, tu le vois, toi, sous le prisme des outils pour personnes qui sont en situation de handicap, mais quelque part, ces histoires de biais, ça s'applique pour absolument l'ensemble des sujets, donc je pense qu'on peut
 VoilĂ , moi, c'Ă©tait dans ce point-lĂ  oĂč j'avais vraiment
 Alors moi, je l'avais dĂ©jĂ  vu, mais pas vous, mais je vous invite tous Ă  venir voir Emmanuelle le 7 et 8 dĂ©cembre prochain, pour assister Ă  sa confĂ©rence. Juste pour que les auditeurs comprennent bien, lĂ , Emmanuelle a un systĂšme de reconnaissance automatisĂ© qui permet de retranscrire Ă  chaque fois que je parle, enfin, je dis quelque chose, c'est retranscrit devant elle de maniĂšre numĂ©rique, avec le texte qui s'affiche. Donc voilĂ , elle utilise dĂ©jĂ  les outils lĂ  maintenant, enfin, en tout cas, des outils qui sont disponibles, mais il y a des outils bien plus, on va dire, hype et fancy que l'intĂ©gration par dĂ©faut de Windows 11. Bref, Ă©coute, Emmanuelle, en tout cas, moi, j'ai Ă©tĂ© ravi de faire cette petite conversation avec toi aujourd'hui, j'espĂšre qu'on a donnĂ© envie aux gens de venir te voir. Je te remercie d'avoir passĂ© le temps Ă  passer ce sujet, c'est un sujet qui n'est pas forcĂ©ment facile toujours d'aborder et qui dĂ©range des fois un petit peu, lĂ , les gens n'ont pas trĂšs envie toujours de voir le handicap et tout ça, donc je pense que c'est super bien. Donc, un grand merci. Emmanuelle Aboaf Merci Ă  toi, Jean-Laurent, pour cet entretien, ça m'a fait trĂšs plaisir de discuter avec toi, d'Ă©changer sur le sujet, vraiment, c'est un sujet qui me tient Ă  cƓur, j'adore mon mĂ©tier, je suis dĂ©veloppeuse, et les nouvelles technologies qui aident petit Ă  petit, l'avenir, pour moi, est trĂšs excitante, surtout avec l'intelligence artificielle, et vraiment, c'est un plaisir de parler de ce sujet-lĂ  et de prĂ©senter cette confĂ©rence au Tech rocks Summit. Merci beaucoup. Jean-Laurent de Morlhon Merci Emmanuelle. Donc, on se retrouve tous au Tech.Rocks Summit en 2023, les 7 et 8 dĂ©cembre prochain. C'est une confĂ©rence pour les CTO, enfin, moi, je suis VP Engineering, ils m'ont invitĂ© quand mĂȘme, donc vous pouvez aussi venir. Et globalement, c'est une confĂ©rence pour les tech leaders, donc je serai sur place, Emmanuelle sera sur place, on a hĂąte de vous revoir lĂ -bas le 7 et 8 dĂ©cembre prochain. Merci, Emmanuelle.

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