Meetup : Ce que le low-code peut changer pour vous

La fin du code est-elle proche ? Trois tech leaders ont échangé leur vision, leur approche et leurs

retex pendant le meetup Tech.Rocks du 1 er octobre 2020 dédié au low-code.

 

Speakers, who’s who :

 

Cornel Fatulescu, Christophe Charles respectivement CPO et VP of Engineering ont expliqué leurs usages low-code chez eux, à Pentalog.

 

Thomas Villaren Low-code architect de Payfit a partagé son expérience actuelle et précédente en tant que R&D Lead chez Generative Objects.

 

Ce meetup a été animé par Marie Terrier CTO de Yelda.ai.

No-code, low-code, c’est quoi exactement ?

Christophe Charles : "Le no-code est une philosophie, des frameworks à partir desquels on crée des applications sans écrire la moindre ligne de code. La construction se fait à base de drag & drop et d’outils visuels. Il est ainsi possible de réaliser des prototypes orientés POC par exemple.

Le principe du low-code aussi repose sur des frameworks. Ce sont de grosses boîtes à outils, grâce auxquelles on va accélérer sur des problématiques techniques récurrentes comme le développement, le déploiement, le DevOps, la sécurité… Sur le marché, Microsoft propose une plateforme, Power Apps, depuis quelque temps. Mendix existe depuis plus longtemps. Amazon se lance aussi sur le créneau. Il y a beaucoup d’acteurs aujourd’hui."

Pourquoi vous êtes-vous intéressés au low-code ?

Christophe Charles : "La dimension agile est bien prononcée dans l’ADN de Pentalog. Ça nous a incité à tester différentes plateformes qui se lancent et nous restructurer en fonction. Ça nous a permis d’accélérer sur bien des points et notamment pendant la situation de Covid."

Cornel Fatulescu : "Premièrement, comme pour beaucoup d’équipes techniques, nous sommes limités dans le traitement des backlogs. Il nous fallait trouver une façon d’en gérer plus. Ceci étant, comme pour beaucoup toujours, on a du legacy. Sauf que le nôtre était dans quelques monolithes.

Le low-code fait, en cela, partie de notre stratégie de changement. Nous avons trouvé une solution qui fonctionne bien en découpant les macros fonctionnalités dans des micros monolithes. Par ailleurs, en matière de développement, il nous fallait gagner du temps et diminuer la complexité sur des sujets tels que la sécurité, le DevOps, la gestion des données… Enfin, Le low-code fait aussi partie d’une démarche tournée vers les self-services qu’on a intégré dans notre vision en capitalisant ses opportunités sur les self-services BI et développement."

Thomas Villaren : "Pour ma part, je suis dans le monde du low-code depuis 2013. J’ai travaillé pour

Generative Objects, un des acteurs français du secteur, pendant presque 7 ans, comme responsable de la plateforme. Au début, on la présentait comme une plateforme de développement rapide

(Rapid Application Development Platform) pour un public développeurs. Le terme hpaPaaS (high

productivity application Platform as a Service) a ensuite émergé, rapidement suivi par l'appellation

low-code platform. On va bientôt parler de Multi Experience Development Platform (MXDP), le nouveau terme consacré par le Gartner. Quoi qu’il en soit, tous ces termes sont liés à l’approche

Model Driven Engineering. Generative Objects permet de créer des applications sur-mesure pour tous types d’entreprises.

J’ai rejoint PayFit en janvier 2020. Ce logiciel SaaS, spécialisé dans la gestion de la paie et des employés, s’appuie sur JetLang, une plateforme low-code interne permettant aux équipes locales à chaque pays de définir la logique de paie et les vues associées."

Concrètement, comment utilisez-vous le low-code ?

Cornel Fatulescu : "On l’utilise à travers Power Apps de Microsoft. Nous avons produit des applications avec un facteur de succès étonnant. Work from home, entre autres, gère différentes demandes de travail à la maison des collaborateurs avec les contraintes légales existantes d’un pays à l’autre. One & One, quant à elle, est dédiée à notre middle management pour le suivi des équipes, des objectifs personnels et pour gérer des entretiens individuels. Legal policies automatise le processus de nos legal terms qui était jusqu’ici lourd et manuel. Synonyms aborde un sujet technique et renforce la pertinence du search de notre site. Au total, depuis le Covid, on a créé 20 applications, dont 5 refontes totales, 5 sont particulièrement techniques, 2 sont beaucoup utilisées.

Les autres comptent entre 20 et 40 utilisateurs par jour. Certaines sont payantes. C’est d’ailleurs un point où il faut faire attention avec Power Apps. Autant, beaucoup de fonctionnalités sont gratuites.

Autant, il y a des connecteurs premium. Ainsi, il faut prévoir des licences."

Thomas Villaren : "JetLang a été créé comme un langage facilitant le travail de personnes moins techniques, expertes en paie. L’idée était de permettre aux spécialistes du secteur et d’autres domaines RH, appelées Product Builders, de coder la logique de paie eux-mêmes. A titre d’exemple, en France, on compte en moyenne 4000 variables pour décrire un employé. C’est assez complexe.

Ce langage a évolué en une plateforme qui permet également de créer des interfaces où les utilisateurs de PayFit (administrateurs, DRH dans les entreprises) saisissent les données des employés, déclenchent des workflows automatisés. En outre, en termes de vélocité, cette plateforme nous permet d’intégrer rapidement les évolutions de la loi travail et des conventions collectives sans avoir à les développer “à la main.”

Des conseils low-code à partager ?

Cornel Fatulescu : "Le low-code est un outil parmi d’autres qui ne remplacera jamais le code ou le

deep code. À l’usage, il faut lui donner un cadre et, de façon plus large, attribuer des priorités claires entre le no-code, le low-code, les managed services… Quels que soient ses choix techniques, il est nécessaire de favoriser la simplicité. Et puis, il faut embrasser le low-code selon moi. Si vous n’en voulez pas, il viendra à vous. On le voit chez certains de nos clients, où leur service marketing veut accélérer la digitalisation d’activités. Il souscrit un contrat lui-même sur une plateforme. Il fait des applications, ça marche et le système d’information perd le contrôle au final."

Thomas Villaren : "Un conseil pour se prémunir du risque de disparition d’une plateforme low-code que l’on utilise, le mieux est de travailler avec une solution ouverte. Je n’entends pas forcément l'ouverture au sens de l’open source mais a minima un outil qui va vous permettre d’accéder au code généré et de pouvoir accéder à la base de données si nécessaire."

Qui utilise des plateformes low-code ?

Thomas Villaren : "Dans mon expérience, ce sont souvent les DSI qui déploient la solution. Néanmoins, le besoin émane souvent des métiers. Les plateformes leur sont adressées : simples à prendre en main et rapides pour la création.

Cette utilisation par les métiers a ses limites : il est très facile de construire une application mais aussi très facile de mal le faire. Il arrive de créer par exemple une application qui va difficilement tenir la charge en cas de succès. Il peut aussi y avoir des problèmes de modélisation des données, où l’utilisateur va créer une seule table et tout mettre au même endroit. L’idéal pour commencer est de se former, en se faisant accompagner par l’éditeur de la plateforme ou par un tiers.

En termes de sécurité, les plateformes viennent généralement avec les standards du domaine comme l’authentification, la gestion des rôles, les autorisations… En revanche, cela n’empêche pas d’avoir des failles : comme le “développement”, ou plutôt la création de l’application, est souvent réalisé par des Citizen Developer, les règles de sécurité (accès aux données, rôles…) ne sont pas forcément bien définies en amont. Ici, comme en développement classique, l’erreur est bien souvent humaine. D’où l’importance d’être accompagné."

Existe-t-il des chiffres sur le temps gagné par le low-code dans le développement ?

Thomas Villaren : "Chez PayFit, lors de l’annonce de la généralisation de l’activité partielle par le gouvernement en mars 2020, nous avons mis en production une V1 de cette logique en deux semaines, accessible à tous nos clients sans démarche particulière. En avril dernier, ce sont plus de

23 000 bulletins de paie qui ont tiré parti de cette fonctionnalité, contre 5 cas avant le confinement.

Chez Generative Objects, la transformation d’un outil de suivi de temps via Excel en application

low-code chez un de nos clients lui a permis de ré-allouer un ETP à d’autres tâches à plus forte valeur ajoutée."

Dès le départ, les équipes Pentalog se sont lancées dans l’aventure du développement low-code pour accélérer la conception d’applications en interne. Pour en savoir plus, Christophe Charles a fait une seconde partie de cet article ici.

Merci Christophe, Cornel, Thomas et Marie pour cet éclairage sur le low-code. Restez connectés avec la communauté Tech.Rocks et ses prochains meetups :

https://www.meetup.com/fr-FR/Meetup-CTO-Tech-Rocks/

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