Cédric Nilly – France Télévisions (1⁄2) #S02EP01

Ce podcast Tech.Rocks donne la parole aux managers de la Tech. Des start-up au grands groupes, ils sont CEO, VP Engineering ou directeur R&D et font la tech de demain. Dans chaque épisode on vous promet du concret, de vrais retours d'expérience pour vous permettre de trouver l'inspiration. Nous vous parlons ici de management, de pratique et surtout de comment faire des failles une force. Le tout sans langue de bois. Parole de Tech leaders.

Aujourd'hui c'est Hervé Lourdin (HL), engineering director chez Le Bon Coin, et j'ai le plaisir de recevoir Cédric Nilly (CN), responsable technique du pôle news au sein du numérique chez France Télévisions.

HL : Bonjour Cédric.

CN: Bonjour Hervé, merci de m'accueillir.

HL : Cédric peux-tu nous partager en quelques mots qui tu es et notamment nous dire ce qu'est le pôle technique news de France Télévisions.

CN : Oui j'ai le plaisir de gérer la partie technique des sites d'information du numérique de France TV, qui regroupe France info, site et applications et aussi des sites d'informations France 3 régions, la première outremer et France TV Sport, ça regroupe un peu plus d'une trentaine de développeurs essentiellement mobiles, front, back et même full stack, et quelques scrum masters qui gèrent des équipes.

Moi j'ai trois enfants, en ces temps de confinement le ressenti c'est plutôt douze mais on fait avec.

Et puis j'aime avoir un peu de temps pour faire des jeux de plateaux, des jeux de société, et puis surtout garder un peu la main en faisant du développement, alors ce n'est plus mon métier, développer des plateformes comme counting game.

HL : Bon j'ai l'impression qu'on va avoir plein de trucs à se raconter. Généralement quand on commence cet échange on essaie un petit peu d'avoir de perspective, de contexte autour de toi, et l'idée c'est que tu nous racontes en quelques mots quel parcours tu as suivi, comment tu en es arrivé au job que tu as aujourd'hui. Tes rencontres et tes expériences.

CN : Alors moi je suis tombé dans le dév quand j'étais tout petit puisque j'ai eu la chance d'avoir dans les mains dès huit, neuf ans, un vieux PC sur lequel j'ai commencé à faire du basic puis du Pascal, de l'assembleur, etc. Donc j'ai suivi une voie de math, d'informatique, à la fac, j'ai commencé à faire du développement PHP, JS, JAVA, au sein de start-up notamment les start-up qui travaillaient dans des jeux, qui rémunéraient des gagnants, donc ça m'a appris deux sujets principaux qui sont la montée à l'échelle, « l'escalabilité » et la sécurité et qui sont des marottes que j'affectionne et que je garde toute au long de ma carrière. 

J'ai fait quelques passages dans d'autres start-up, dans des groupes un peu plus grands comme Vivendi sur la partie jeu. Une bonne expérience, c'est iFrance qui était une start-up, un hébergeur gratuit de sites, d'adresses emails et de blogs, là aussi il y avait des questions d'« escalabilité » qui ont été une très bonne école. J'étais ensuite pendant pas mal d'années CTO du groupe de presse et de médias BAYER dans lequel j'ai eu la chance de refondre l'ensemble de l'activité e-commerce, notamment pour les ventes numériques et de magazines enfants adultes papiers. C'était aussi ma première expérience avec une rédaction et l'actualité, alors déjà c'était un sujet qui moi ma passionnait personnellement, mais quand j'ai pu ensuite travailler à la refonte des sites et des applications du journal Lacroix, c'était une aussi une vraie découverte de travailler avec une rédaction. 

Et puis quand France TV m'a proposé de gérer des sites d'information au sein notamment de France Info, j'ai eu très très peu de temps et d'hésitation et j'ai dit oui donc maintenant ça fait deux ans et demi que j'ai la chance de gérer ce pôle news chez France TV.

HL : Beau parcours et crescendo et naturel vers le job que tu as maintenant, c'est assez marrant. Une anecdote sur ton passage iFrance, un de ces points clé du Far West de l'internet en France. C'était quand même sympa ?

CN : C'est drôle que tu parles de Far West, parce que effectivement c'est le mot qui va très bien à cette époque là. Vu le nombre de sites, d'emails, de blogs qu'on hébergeait, d'un point de vue technologique on n'avait pas tous les outils scan up qu'on peut avoir maintenant et c'est vrai qu'on a du réécrire notamment des bouts de soft comme du SMTP pour gérer plusieurs dizaines de millions d'adresses email.Ca c'est des sujets techno intéressants mais qui ont été difficiles à mettre en place. On s'en est sortis quand même.

Et puis l'anecdote... si, il y a peut-être un truc assez marrant, c'est que comme on est un hébergeur gratuit eh ben on fait extrêmement attention à la bande passante parce que c'est ce qui nous coûte donc il faut qu'on fasse la chasse aux pirates etc. Et pendant longtemps en fait on a buté sur un sujet, on ne comprenait pas pourquoi un site qui hébergeait des sites assez communs, des photos de chats, de soleil, etc. faisait énormément de trafic, faisait énormément de bande passante et on a réussi à creuser en fait ces images là, à regarder un peu dans le détail, il se trouve qu'à la fin des images, des jpeg, des gif etc eh bien on avait des mp3. Et en fait les pirates avaient, enfin ceux qui partageaient ce contenu là avaient réussi à camoufler dans la fin d'image des albums, des musiques, etc. Donc voilà c'était un truc assez marrant. Ils sont vraiemnt assez malins et c'est toujours le jeu du chat et de la souris pour les hébergeurs gratuits avec des pirates ou ceux qui veulent contourner les règles.

HL : Ok, moment intéressant de cette grande époque. Merci pour ce partage Cédric. Si on prend un peu, un pas de recul, pour toi à l'aune de ton expérience actuelle et passée, c'est quoi un tech leader.

CN : Je pense que ma vision a changé au fur et à mesure des années et je pense qu'il y a plusieurs axes qui sont importants. Et notamment il y en a un que je privilégie maintenant et que je faisais pas pendant des années et qui vraiment a pris le pas. C'est celui de la communication. C'est-à-dire que j'ai la chance de travailler avec plusieurs équipes extrêmement compétentes, des développeurs, des exploitants, des obs, des architectes, des équipes produits etc. 

 

Mais vraiment arriver à faire communiquer tout ce monde là, arriver à synchroniser le équipes, pour moi c'est vraiment un sujet important dans le rôle de tech lead et qui est un des vrais sujets du quotidien, et à ça je rajouterai aussi le côté, donner du sens, c'est-à-dire que les équipes qui bossent entre elles n'ont pas la vision de ce qu'on souhaite faire dans six mois, dans un an, dans cinq ans et donc c'est toujours extrêmement important de redonner le sens et d'expliquer pourquoi cette première étape sur laquelle ils sont en train de travailler, pourquoi ça nous a mené à la vision plus globale à plus long terme ; et puis un des sujets du quotidien qui est encore plus exacerbé avec le confinement qu'on vit actuellement, c'est celui de déminer un peu des sujets, c'est-à-dire avoir une vision un peu macro pour savoir que dans telle équipe, dans telle situation, dans tel projet, est-ce qu'on a pensé à ça, est- ce qu'on a pensé à la conséquence de tel acte ou de tel projet et déminer, à creuser, à ouvrir des situations, à casser des choses avant que ça soit des drames ou des points de complexité, voilà déminer c'est pour moi un mot important au quotidien.

HL : Ouais je te rejoins pas mal sur ça et alors du coup, les thématiques que tu viens d'aborder sont très orientées soft skills finalement. Quelle est pour toi la soft skill qui t'apparaît la plus importante pour mener ça à bien, il y a quelque chose que tu as du un peu muscler, un peu développer pour justement donner plus de sens, déminer, etc.

CN: Je pense vraiment dans la communication, au fut et à mesure, moi j'ai commencé, et je le disais tout à l'heure, à faire du développement et ce n'était pas forcément les soft skills qui primaient. Ce que j'ai vraiment dû muscler, c'est la communication et c'est la pédagogie aussi et c'est le fait d'arriver à échanger avec des équipes qui sont pluridisciplinaires, avec des gens qui ont des niveaux techniques qui peuvent être radicalement différents donc le but c'est d'arriver à chaque fois à trouver je pense le bon canal de communication avec la personne ou avec l'équipe avec qui on veut travailler.

 

HL : Ok merci. Petite section que j'apprécie beaucoup, parce que généralement je repars avec des choses à aller bouquiner, est-ce qu'il y a des ouvrages, des présentations, des éléments de lecture particuliers qui t'ont marqué et que tu conseillerais à nos auditeurs.

CN : Pour rebondir sur le sujet de communication dont on vient de parler, il y a un ouvrage qui m'a pas mal aidé qui s'appelle «Process Com». De Taibi Kahler qui est un psychiatre je crois qui avait travaillé dans les années 70 avec la NASA pour essayer d'améliorer les communications entre les astronautes et il en a sorti quelques scenarii, quelques pistes pour arriver à mieux communiquer et notamment au sein de l'entreprise. Donc ça donne des pistes, des outils, ce n'est pas miraculeux non plus, je ne suis pas un expert de ça mais ça m'aide au quotidien à trouver justement quel est le bon canal de communication avec telle personne ou telle équipe.

Un deuxième ouvrage que je pourrais conseiller c’est «Culture agile» de Jean-Claude Grosjean, parce que je pense que c'est un bon panorama de définitions de l'agilité au sein de l'entreprise, je pense que c'est un ouvrage à mettre dans toutes les mains, à tous les niveaux de gens d'entreprise tant sur l'agilité et l’ IT que l'agilité et des services comme des services RH dans la maison.

Et puis peut-être un troisième ouvrage que je ne conseillerais pas forcément de lire parce qu'il est obsolète maintenant, mais un ouvrage qui m'a vraiment envie moi de me mettre vraiment à l'informatique, et qui a fait que je me suis dis ben c'est ça que je veux faire, c'est ça mon métier, c'est «PC interdit» qui est un bouquin de la fin des années 90 qui explique le monde des demo makers, comment on peut optimiser via le ad-aware de la machine, comment on en arrive à faire de l'assembleur, comment on arrive à faire des effets fous avec très peu de CPU, ça c'est vraiment un bouquin qui m'a passionné, qui m'a aussi permis de faire cette carrière là, en tout cas de m'engager dans cette voie là.

HL : Ok. Merci je repars avec des titres, j'espère que ça plaira à nos auditeurs. Petit exercice de style qu'on fait de temps à autre dans nos podcasts, si tu devais avoir un animal totem, ce serait quoi pour toi ?

CN : Un animal totem, euh je ne pense pas être très original en parlant du poulpe, avec des multiple tentacules de bras etc qui je pense montre un peu les différents métiers qui sont les nôtres au quotidien dans le rôle de tech. Après comme je suis fan de BD et que en face de moi j'ai un cadre qui représente le Concombre Masqué (héros du dessinateur Mandryka), je ne sais pas si on a le droit à un légume totem, mais si on a le droit à un légume totem, je mettrai bien le Concombre Masqué parce que c'est un personnage qui vit dans un monde extrêmement irrationnel et non pas que le monde de l'entreprise et de projets etc... le soient mais il y a quand même souvent des bouts d'irrationnel et c'est un personnage qui essaie de trouver le rationnel là-dedans et je pense que c'est une des pistes, en tout cas un des axes qu'il faut qu'on travaille en tant que CTO et donner un peu de rationnel et montrer ça à l'ensemble des équipes avec lesquelles on travaille ou qu'on manage.

HL Ca me va très très bien, écoute je valide le végétal, enfin le légume totem, ça me paraît parfaitement bien. Dans cette idée là, est-ce qu'il y a un leader tech connu que tu aurais aimé être et pourquoi et en tout cas que tu trouves particulièrement inspirant ?

CN : Je ne sais pas si c'est une personne que j'aurais aimé être, en tout cas c'est quelqu'un dont j'ai lu la bio et dont je lis pas mal les écrits et qui est inspirant c'est Richard Stallman, c'est un des chantres du logiciel libre, fondateur de la free software fondation, de GNU, d'Emacs, etc... moi je trouve qu'il a une vision jusqu’au-boutiste mais intéressante du libre, et puis si on parle de Stallman, il faut qu'on parle aussi de son nemesis qui est Eric Raymond qui lui aussi a une vision bien à lui de l'open source, je crois même que c'est lui qui est à l'origine de ce terme là. Et donc ben j'aime bien suivre, lire, en tout cas les échanges, les écrits et un peu le côté philosophique du libre et de l'open source qu'il nous propose.

HL : Good, super. Merci pour ça, on va passer maintenant un peu plus de temps autour de ton job et précisément de tes équipes, de ton organisation. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur tes équipes, la stack, la technologie que vous utilisez, comment vous êtes organisés, est-ce que vous avez une culture principale dans tes équipes, voilà en quelques instants ?

CN : Quand je suis arrivé à France TV, j'ai eu la chance de prendre la tête des équipes de sites France 3 Régions, La Première outremer, France Info, France TV sport qui étaient en fait, qui sont quatre sites de news, qui sont des silos avec des stacks différentes, on avait du D7, du D8, du zen framework etc... et donc un de mes jobs c'est de rationaliser un peu tout ça, arriver à trouver ce qui est le socle commun et c'est pour ça que j'ai créé avec les équipes un logiciel qui s'appelle pic et notre plateforme d'informations commune qui est en fait toute la partie back office API qui fournit l'ensemble des données à ces différents sites là et donc on est en plein dans cette migration là, donc un enjeu extrêmement important c'est qu'on a des sites qui ont des audiences extrêmement bonnes, qui satisfont les rédactions qui peuvent travailler au quotidien avec l'ensemble des outils, donc tout l'enjeu c'est d'arriver à changer le socle techno, à complètement le renouveler, puisqu'on a encore quelques lignes de code qui datent de 2012 qui fonctionnent très bien, on a des audiences qui fonctionnent très bien donc on est content, etc. 

Mais l'enjeu c'est d'arriver à renouveler complètement ce socle techno sans casser la pente ascendante de visitorat sur laquelle on est. Donc on a déjà de sérieuses premières étapes qui sont passées puisqu'on avait la majeure partie des sites ultramarins qui étaient passés sur la version fin 2019. Pour les municipales on a passé aussi une bonne partie du site de France Info sur la nouvelle version. Donc voilà bout par bout, en fait, on change, on met à niveau l'ensemble de la stack de ces sites d'information.

HL : Et d'un point de vue Orga, tu as quelque chose, tu t'es inspiré d'un modèle particulier. Vous avez des figures team ou vous fonctionnez en mode projet classique, comment vous vous êtes organisés ?

 

CN : Il y a une culture très agile au sein de France TV. On a des équipes qui travaillent en scrum avec des tailles d'équipe qui vont de sept à quatorze, quinze même si on déborde un peu du scrum game. Et ça tourne comme ça vraiment bien. On est en train de se chercher un peu sur les questions futures teams, component teams, donc ça c'est des modèles d'organisation qu'on est en train de travailler. Chaque nouveau modèle d'organisation n'étant là que pour appeler le précédent, le but est surtout d'itérer et de voir quelle est la meilleure manière d'organiser ce travail là. Donc voilà, on a des équipes en scrum, relativement petites, autonomes, et un de mes jobs est d'arriver à que ensemble elles arrivent à se synchroniser, à travailler extrêmement bien entre elles et puis avec toutes les autres équipes qui nous entourent, les architectes, les exploitants, les équipes produits, etc.

HL : Petite question, figure de style imposée par les Tech.Rocks qu'on va poser à tous les tech leaders. Est-ce que tu codes encore Cédric ?

 

CN : Alors malheureusement je n'ai pas le temps et ce n'est plus dans mes fonctions de coder en tout cas pour les sites d'application, par contre, pour moi c'est un sujet perso de garder la main, de garder un bon niveau, notamment d’algorithmie, voilà alors j'essaie de trouver du temps pour me mettre à niveau sur un certain langage, j'ai fait un peu de Go, je commence un peu à bidouiller du Rust c'est plus une passion dans le temps que j'arrive à trouver plutôt qu'un point important de mon job. 

 

Pour  moi le rôle de tech lead ou de CTO, en tout cas personnellement il faut qu'on arrive à garder la main, en tout cas la compréhension des archi techniques sans être le meilleur développeur swift, sans être le meilleur expert de kubernetes, mais j'ai vraiment en tout cas ce besoin et le temps qui est nécessaire pour arriver au moins à comprendre le niveau d'architecture, à comprendre ce qu'on utilise, à comprendre l'ensemble de l'expertise des équipes, arriver à les coordonner et c'est aussi comme ça qu'on peut tracer une voie sur des plateformes, donc il y a notamment des CTO qui n'ont pas forcément cette expertise technique, je pense qu'elle n'est pas obligatoire dans le rôle de CTO par contre personnellement je pense que c'est quelque chose, déjà que j'affectionne, c'est mon passé, et moi je veux continuer à garder une certaine acuité technique.

 

HL : Cool. Dans ton quotidien est-ce que tu as une routine particulière, quelque chose que tu fais tous les jours qui est un peu ta fonction de fonctionner que tu pourrais partager aux auditeurs ?

 

CN : J'essaie, comme il y a plein de sujets différents, avec des temporalités différentes, etc., j'ai cette manie d'avoir des checklists, donc je me fais un peu des checklists pour être sûr, en tout cas tenter d'être sûr, de ne pas oublier des sujets, donc au moins chaque matin je regarde l'ensemble de ce qu'il y a à faire pour les heures, les jours, les semaines à venir, pour essayer de ne pas oublier des sujets importants ; après en terme de routine, j'essaie pour aussi garder du contact avec les équipes de participer un maximum, en tout cas quand je le peux, déjà au daily, pour prendre aussi un peu le pouls des équipes et avoir du détail micro que la hauteur de vue que je peux avoir naturellement.

HL : Chouette, c'est aussi une bonne pratique de tourner dans les daily, permet d'être sur le terrain. Autre question, si aujourd'hui je te donnais une baguette magique, tu as droit à un vœu, tu peux changer n'importe quoi autour de toi, tu ferais quoi dans ton boulot ?

CN : Cela ne va pas être très original mais je pense qu'on est plusieurs à être confrontés à des problématiques de recrutement. Donc effectivement si j'avais une baguette magique, ben je mettrai plein de développeurs experts autour de nous, qui ont envie de venir bosser pour nous et puis peut- être un deuxième truc je pense qu'on a des équipes techniques notamment qui sont extrêmement masculines donc effectivement si on pouvait avoir un peu de parité dans les équipes de développeurs et développeuses, ça serait intéressant mais à mon sens ce n'est pas du tout le marché actuel.

HL : Je pense que la baguette magique sur le recrutement, elle devient récurrente dans les différents entretiens, tout le monde partage ce gros problème, on va enlever ce vœu de la baguette magique, je crois que tout le monde veut le mettre. Est-ce qu'il y a quelque chose de particulier qui t'empêche de dormir en ce moment, un de ces problèmes dans le boulot du quotidien, oh la la ça je ne l'ai pas encore résolu, ça me gratte, ça me démange, ça m'empêche de dormir ?

 

CN : Alors je n'ai pas du mal à dormir, parce que je tombe un peu de fatigue tous les soirs, donc ça ce n'est pas un souci, par contre au quotidien le truc qui me tourne dans la tête c'est ce que je disais un peu tout à l'heure, c'est comment on va arriver à changer l'ensemble de l'archi qui fonctionne très bien, à renouveler tout ça sans casser l'audience, tout en satisfaisant les équipes produits, toutes les rédactions pour lesquelles on travaille, les 400-500 contributeurs qui rédigent pour nous, donc il y a cette question vraiment de changement de manière la plus transparente possible, que chaque mise en production, chaque nouvelle fonctionnalité, etc,, soit finalement un non événement et qu'on arrive petit à petit comme ça à itérer, pour moi c'est un vrai sujet.

 

Changer le moteur pendant que la voiture roule, et t'as des premiers résultats, des stratégies particulières quand tu dois opérer ce genre de renouvellement technologie en même temps que tu fais des projets.

 

CN : Ouais c'est vraiment ça, c'est changer le moteur pendant qu'on roule, donc ce qu'on a fait avec les équipes c'est essayer de découper au maximum, et surtout ne pas faire un big bang un grand soir où d'un coup, on/off, on passe d'une V1 à une V2, mais vraiment c'est par bout, c'est voir par patern d'URL qu'on change petit à petit l'ensemble de la plateforme, c'est vraiment que chaque MEP soit un non-événement et que petit à petit on découpe en plus possible et on arrive à passer d'une version à l'autre. Alors ça c'est en théorie, dans la pratique on ne peut pas avoir la granularité qu'on souhaite mais c'est vraiment l'objectif qui reste visé.

 

HL : Alors chez Tech.Rocks on aime bien le partage en mode de no bullshit et comme on dit entre nous, il y a personne qui nous écoute, j'aurais aimé te demander de partager un de tes fails ou un de tes grands moments de solitude ou à contrario un succès qui t'a permis d'apprendre des choses et qui serait intéressant de partager avec nos auditeurs.

 

CN : Alors c'est à la fois un grand moment de solitude et heureusement un succès, mais un bon moment de solitude quand même, j'aurais bien aimé partager avec vous le week-end et la soirée en particulier des municipales fin mars 2020, en plein Covid-19 etc. Il nous est arrivé quelques aventures intéressantes.

 

HL : Ça m'apparaît un super sujet, alors on va s'arrêter là, on ne va pas en dévoiler plus puisqu'on en parlera dans la seconde partie du post cast qui t'est consacré. Ca me paraît un bon cliffhanger. En tout cas je tiens vivement à te remercier pour cette première partie d'interview, c'était très très riche et intéressant, et on se retrouve dans la seconde partie de cette interview pour parler de cette fameuse soirée des élections 2020, des élections municipales, je pense que ça va être assez sympa. Merci.

 

CN : Merci beaucoup

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